Cruelles

 

Alice King et son amie Cass partent en voyage scolaire. Pas de chance, elles partagent leur bungalow avec Polly, une jeune élève timide, Rae et Tara, la peste par excellence. Mais si certes ce voyage commence mal, elles n’auraient jamais pu imaginer la tournure cauchemardesque que prendront les évènements…

Que dire de ce roman ? Humain. Fort. Addictif.

Terrorisé, déboussolé, apeuré, on veut sans cesse découvrir la suite, presque manipulé par la plume de l’auteur. Loin d’être émouvant, il aborde certains sujets avec violence et dureté, froideur et réalité. Sans pour autant être extrêmement sombre, il nous prend aux tripes, nous empêche de dormir ou de vivre. En fait, on est tellement plongés dans cet univers bancal et terrible qu’il est impossible de le quitter. Une montagne d’émotions contradictoires et opposées nous est injectée à chaque page, on ressent un immense poids tout au long de la lecture, le poids du secret que porte aussi Alice et quelques camarades. On ressent tout cela très fort, comme si nous avions nous aussi vécu ce drame, on est étouffé par la culpabilité.  C’est sans doute ce qui le rend si unique, toutes ces émotions intenses et inconnues.

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Il ne se passe pas énormément d’événements, mais malgré cela il est impossible de s’ennuyer une seule seconde tant on veut connaître la suite, tant on redoute le fameux moment où Alice révélera enfin la vérité, moment qui tarde et tarde, si bien qu’on a l’impression qu’il n’arrivera jamais. Il nous est impossible de deviner la suite de l’histoire, car tout peut basculer d’un instant à l’autre, nous sommes suspendus aux lèvres d’Alice.

Je me suis énormément attachée à Alice, seul personnage qui me paraissait bon, sympathique et en qui j’avais confiance. Jack (le petit ami d’Alice) en revanche, m’a peu trop parfait, idéalisé, stéréotypé. Ainsi, leur relation ne m’a pas franchement intéressée. A la place de cette histoire romantique, plus d’interactivité entre les personnages et particulièrement les amies d’Alice (Cass, Polly) ses camarades de classe ou professeur (Danni, Dally, Tara) aussi que son père m’aurait bien plu, tous ces personnages pourtant intéressants m’ont paru très secondaires. (Même si cela aurait empêché le côté «seul avec Alice et son secret» que j’ai plutôt aimé, jusqu’à un certain point bien sûr.) Les personnages ne sont néanmoins pas particulièrement attachants hormis l’héroïne (ainsi que son père et Danni.) Ils me semblaient tous froids et distants. C’est un livre essentiellement introspectif, ce qui accentue ce poids que l’on porte. Alice est seule, rongée par la culpabilité, et par ce fait nous nous sentons seuls nous aussi, complètement étouffés par ce secret extrêmement lourd. (A tel point qu’à certains moments de ma lecture, je suis allée lire des chroniques dessus et en ai parlé à des amis.)

La fin n’est pas si surprenante, mais brusque, on meurt d’envie d’en savoir plus. Ainsi, cette envie déjà présente au long de la lecture ne nous quitte pas après, si bien que Cruelles reste gravé dans notre mémoire. Mais il y a néanmoins un petit soulagement, car enfin ce poids que nous ressentions s’envole petit à petit de nos épaules.

Finalement, il n’est pour moi pas un véritable coup de cœur mais tout de même une lecture unique, loin des livres légers et amusants, vraiment particulière et inoubliable, que je vous conseille fortement.

Cruelles, écrit par Cat Clarke, publié aux éditions Robert Laffont

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